© Emeka Ogboh
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© Emeka Ogboh
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La galerie Imane Farès a le plaisir de présenter B(l)ackroom, la troisième exposition personnelle d’Emeka Ogboh à la galerie.
B(l)ackroom est une installation immersive qui explore les intersections entre langage, consommation et pouvoir à travers la figure du « backroom », un espace semi-privé où l’accès, l’appartenance et la visibilité se négocient discrètement. En fusionnant backroom et blackroom, le projet transforme l’opacité en position critique, résistant aux injonctions de transparence et aux systèmes de classification qui ont historiquement façonné les vies noires et migrantes.
Structurée comme une succession d’espaces interconnectés, l’installation passe d’un environnement assombri de type café à une installation textuelle et sonore. En son centre se trouve Sufferhead Original Gin, conçu comme une oeuvre liquide et prolongement distillé de Sufferhead Original, une bière développée à l’origine pour documenta14 comme critique sensorielle des
projections européennes sur les migrations africaines. Par la distillation, la stout est transformée en un gin clair qui conserve néanmoins les traces de ses origines, devenant une métaphore de la migration, de la traduction, de la perte et de la recomposition.
Plutôt que de recourir à l’image, B(l)ackroom met en avant le langage, le goût et l’atmosphère comme lieux où persistent les histoires coloniales et les formes contemporaines d’exclusion. Les visiteurs y rencontrent des textes, des voix et des fragments issus de la philosophie, de la poésie, du discours colonial et du langage bureaucratique, présentés sans hiérarchie ni narration fixe.
Refusant toute explication ou résolution, l’oeuvre affirme un droit à l’opacité tout en exposant la manière dont l’empire, la migration et les identités racialisées continuent d’être façonnés par la nomination, la consommation, la régulation et les gestes quotidiens. À la fois conviviale et critique, B(l)ackroom invite le public à faire l’expérience de l’histoire non comme représentation, mais comme quelque chose d’incorporé, de goûté et constamment renégocié.
À l’occasion du vernissage de l’exposition, le 21 juin 2026, l’artiste présente le deuxième chapitre de la Fête de la Synesthesia. Dans le prolongement de l’édition inaugurale de 2023, l’événement transforme la galerie en un espace d’expérimentation sensorielle où le goût, les senteurs, le son et l’image se mêlent et dialoguent. La soirée s’ouvre sur une dégustation performative du Sufferhead Original Gin imaginée par l’artiste, suivie d’un DJ set d’Emeka Ogboh et d’une installation olfactive conçue en collaboration avec Hervé Domar.