Depuis 2005, Sammy Baloji s’intéresse aux tensions entre société traditionnelle et modernité coloniale qui traversent les espaces urbains du Katanga, questionnant la façon dont les systèmes de classification hérités du colonialisme continuent de façonner les représentations. En 2017, il part avec l’anthropologue Filip De Boeck sur les traces de la sécession katangaise, avec en arrière-plan son histoire familiale dans la province du Katanga et les recherches menées par l’anthropologue entre le Congo et l’Angola. Au cœur de l’exposition se trouve l’Hôtel Impala, qui appartenait au grand-oncle de l’artiste à Kolwezi. Réquisitionné à deux reprises durant les conflits qui ont secoué le Katanga, ce lieu familial confisqué par l’histoire devient le point de départ d’un récit plus large. À l’image des termitières en perpétuelle construction qui balisent le territoire, Paysage prisme se déploie comme une stratification temporelle où des images d’archives occidentales se confrontent à des archives vernaculaires, des témoignages de femmes et d’hommes katangais ainsi qu’à des photographies contemporaines.