Depuis 2005, Sammy Baloji explore la mémoire et l’histoire de la République démocratique du Congo. Son travail constitue une recherche continue sur le patrimoine culturel, architectural et industriel de la région du Katanga, ainsi qu’une interrogation sur l’impact de la colonisation belge. Son usage des archives photographiques lui permet de manipuler le temps et l’espace, en confrontant les anciens récits coloniaux à l’impérialisme économique contemporain. Ses vidéos, installations et séries photographiques mettent en lumière la manière dont les identités se construisent, se transforment, se déforment et se réinventent. Sa vision critique des sociétés contemporaines alerte sur la façon dont les clichés culturels continuent de façonner les mémoires collectives et permettent ainsi aux jeux de pouvoir sociaux et politiques de continuer à dicter les comportements humains.
Il a soutenu en 2026 un doctorat en recherche artistique intitulé « Kasala et Lukasa contemporains : vers une reconfiguration de l’identité et de la géopolitique » à Sint Lucas Antwerpen. Chevalier des Arts et des Lettres, il a reçu de nombreuses distinctions, récompenses et bourses, dont le programme Rolex Mentor and Protégé Arts Initiative. En 2019–2020, il a été pensionnaire de l’Académie de France à Rome – Villa Médicis. Sammy Baloji a cofondé en 2008 les Rencontres Picha / Biennale de Lubumbashi. En 2025, son film L’Arbre de l’authenticité a reçu le Prix spécial du jury (ex aequo) du Festival international du film de Rotterdam.
Ses expositions personnelles récentes incluent When Extraction Becomes Form It Speaks in Borrowed Tongues (Wexner Center for the Arts, Columbus, 2026) ; Paysage prisme : une traversée katangaise (Les Rencontres de la photographie, Arles, 2026) ; Copper thread, Rubber thread, Sugar thread (Kunsthal Extra City, Anvers, 2026) ; Echoes of History, Shadows of Progress (EMST, Athènes, 2025) ; Sammy Baloji (Goldsmiths CCA, Londres, 2024) ; Unextractable(Kunsthalle Mainz, Mayence, 2023) ; The King’s Order to Dance (galerie Imane Farès, Paris, 2023) ; K(C)ongo, Fragments of Interlaced Dialogues (Palazzo Pitti – Galerie des Offices, Florence, 2022 ; Beaux-Arts de Paris, 2021) ; Other Tales (Lund Konsthall, Lund, et Aarhus Kunsthal, Aarhus, 2020) ; Congo, fragments d’une histoire (Le Point du Jour, Cherbourg, 2019) ; A Blueprint for Toads and Snakes (Framer Framed, Amsterdam, 2018) ; une exposition en duo avec Sven Augustijnen (Cultuurcentrum Strombeek, Bruxelles, 2018) ; Urban Now: City Life in Congo, avec Filip De Boeck (WIELS, Bruxelles, 2016 ; The Power Plant, Toronto, 2017) et Hunting and Collecting (Mu.ZEE, Ostende, 2014). En 2027, il présentera des expositions personnelles au Migros Museum für Gegenwartskunst (Zurich), au Centre Canadien d’Architecture (Montréal), à la Secession (Vienne) et à la galerie Imane Farès (Paris).
Ses œuvres sont actuellement présentées à la 61e Biennale de Venise, à la fois dans l’Exposition internationale, In Minor Keys, conçue par Koyo Kouoh, et dans le Pavillon de la République démocratique du Congo, Simba Moto! Seize the Fire! Saisis le feu!, onze ans après sa première participation (2015). Il a également participé à la Biennale d’architecture de Venise (2023, mention spéciale), à la 35e Biennale de São Paulo (2023), à la 15e Biennale de Sharjah (2023), à la 12e Biennale de Berlin (2022), à la Biennale de Sydney (2020), à documenta 14 (2017), à la Biennale de Lyon (2015) et au festival Photoquai au musée du quai Branly, Paris (2007).
Ses œuvres font partie de nombreuses collections, dont celles de la Tate et du Victoria and Albert Museum (Londres), du Centre Pompidou et du musée du quai Branly – Jacques Chirac (Paris), du KANAL – Centre Pompidou (Bruxelles), du Smithsonian National Museum of African Art (Washington), du MMK Museum für Moderne Kunst (Francfort), de la National Gallery of Canada (Ottawa), du Mathaf (Doha), du Centre national des arts plastiques et du Frac Nouvelle-Aquitaine MÉCA.