Explorant différentes géographies de la violence, au Liban, son pays natal, mais aussi dans l’ensemble de la région, Ali Cherri (né en 1976 à Beyrouth) est un artiste installé à Paris dont la pratique, depuis trois décennies, s’étend au film, à la performance, à la sculpture – en terre et en bronze –, au dessin et à l’installation, et interroge la manière dont la violence politique se diffuse dans les corps et dans le paysage physique et culturel. Marqué par la scène artistique foisonnante du Beyrouth de l’après-guerre, dans les années 1990, Cherri a commencé à étudier la coproduction sensorielle du réel entre les images du conflit, le tissu urbain et son propre corps.
À travers l’image en mouvement et les trajectoires accidentées des artefacts culturels, l’artiste a découvert, dans l’analyse visuelle de la construction politique de l’histoire, la relation intime qui lie les récits de la valeur culturelle, la configuration du passé et la violence elle-même. Dans une série d’interventions sur des collections archéologiques, Cherri entreprend de confronter les signifiants traditionnels de la valeur au sein du musée, en réintroduisant des fragments et des artefacts jusque-là écartés sous la forme de créatures hybrides qui incarnent l’histoire de l’archéologie comme un récit de violence coloniale.
— Ari Akkermans, auteur et critique d’art
Parmi ses expositions personnelles récentes figurent Today is O.K. (Palais de Tokyo, Paris, 2026) ; Soul Witness(WIELS, Bruxelles, 2026) ; Sommeils légers (musée Dobrée, Nantes, 2026) ; To Fall, Patiently (Oakville Galleries, Oakville, 2026) ; Les Veilleurs ([mac] Musée d’art contemporain de Marseille, 2025) ; Vingt-quatre fantômes par seconde (Bourse de Commerce – Pinault Collection, Paris, 2025) ; How I Am Monument (BALTIC Centre for Contemporary Art, Gateshead, 2025 ; Wiener Secession, Vienne, 2024) ; Returning the Gaze (Museo Egizio, Turin, 2024) ; A Monument to Subtle Rot (galerie Imane Farès, Paris, 2024) ; ENVISAGEMENT (Institut Giacometti, Paris, 2024) ; Le Songe d’une nuit sans rêve (Frac Bretagne, Rennes, 2024) ; Dreamless Night (GAMeC, Bergame, 2023) ; Humble and quiet and soothing as mud (Swiss Institute, New York, 2023) ; Ceux qui nous regardent (CAC La Traverse, Alfortville, 2023) ; If you prick us, do we not bleed? (National Gallery, Londres, 2022) ; Return of the Beast(galerie Imane Farès, Paris, 2021) ; Tales from the Riverbed (Clark House, Mumbai, 2018) ; From Fragment to Whole (Jönköping County Museum, Jönköping, 2018) ; Programme Satellite 10 : Somniculus (CAPC musée d’art contemporain de Bordeaux et Jeu de Paume, Paris, 2017) ; A Taxonomy of Fallacies: The Life of Dead Objects (Sursock Museum, Beyrouth, 2016). En 2027, la Kunsthalle Praha (Prague) lui consacrera une exposition personnelle.
Parallèlement, Ali Cherri développe une œuvre cinématographique – L’Intranquille (2013), Le Creuseur (2015), Le Barrage (2022), Le Guetteur (2023) et La Sentinelle (2026) – présentée aussi bien en institution que dans des festivals de cinéma. Son premier long métrage, Le Barrage, a été sélectionné à la Quinzaine des réalisateurs du Festival de Cannes en 2022, Le Guetteur à l’International Film Festival Rotterdam en 2024 et La Sentinelle à la Semaine de la critique du Festival de Cannes en 2026.
Ses œuvres ont récemment été exposées au Voyage à Nantes (La Machine du Sacré, 2026), à la Bonniers Konsthall (Stockholm, 2026), au Musée départemental Arles antique (Arles, 2026), à la BnF (Paris, 2025), à l’Institut Valencià d’Art Modern (Valence), au Jameel Arts Centre (Dubaï), à Para Site (Hong Kong), au MAXXI (Rome), au Centre Pompidou (Paris), à la 22e Biennale Videobrasil (2024), à la 15e et à la 13e Biennale de Sharjah (2023, 2017), à la 5e Biennale de Kochi-Muziris (Inde, 2022), à la 59e Biennale de Venise (2022), à Manifesta 13 (Marseille, 2020), à la 5e Biennale industrielle d’art contemporain de l’Oural (Ekaterinbourg, 2019) et à la 8e Biennale internationale d’art contemporain de Melle (Melle, 2018).
Il a obtenu la bourse Robert E. Fulton de l’université Harvard (2016), a été résident du Bellagio Center de la Fondation Rockefeller (2017) et a été nommé pour l’Abraaj Group Art Prize (2018). En 2022, il a reçu le Lion d’argent à la 59e Exposition internationale d’art de la Biennale de Venise, The Milk of Dreams.
Ses œuvres font partie de nombreuses collections, dont celles du Museo Egizio (Turin), du Museum of Modern Art (New York), de la Collection Pinault (Paris), du British Museum (Londres), d’Art Jameel (Dubaï), du Centre Pompidou (Paris), du MACBA (Barcelone), du Solomon R. Guggenheim Museum (New York), du Mathaf (Doha), du SeMA – Seoul Museum of Art (Séoul), du [mac] Musée d’art contemporain de Marseille et du Bonnefanten (Maastricht).