Kalisya, les mille visages, 2024. Photo : Ela Bialkowska, OKNO Studio pour PinchukArtCentre/Future Generation Art Prize.
[+]Kalisya, les mille visages, 2024. Photo : Ela Bialkowska, OKNO Studio pour PinchukArtCentre/Future Generation Art Prize.
[-]Croquis pour la série des sculptures Kalisya, les mille visages, 2024.
[+]Croquis pour la série des sculptures Kalisya, les mille visages, 2024.
[-]Le piédestal est un pot de fleurs, 2025. Dessins.
[+]Le piédestal est un pot de fleurs, 2025. Dessins.
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Kalisya, les mille visages, 2024. Photo : Ela Bialkowska, OKNO Studio pour PinchukArtCentre/Future Generation Art Prize.
Croquis pour la série des sculptures Kalisya, les mille visages, 2024.
Le piédestal est un pot de fleurs, 2025. Dessins.
Cette exposition rassemble trois des plus récents projets de Sinzo Aanza qui explorent des zones obscures de l’histoire, ces moments où un monde bascule, où les structures politiques, symboliques et matérielles se transforment au point de devenir presque illisibles. Une archéologie de la nuit propose d’examiner ces ruptures non pas à partir de leurs récits officiels, mais à travers les traces qu’elles ont laissées dans les objets, les cosmologies, la psyché et les gestes.
La figure de Kalisya apparaît à travers les sculptures de la série Kalisya, les mille visages comme l’esprit paradoxal de la modernité technologique : une déesse née dans les cosmologies du Kivu mais désormais disséminée dans les circuits matériels d’un monde hyperconnecté.
La Carte du Ciel de Mbwila au 29 octobre 1665 revisite la bataille de 1665 entre les royaumes du Kongo et du Portugal comme un moment de basculement cosmologique, où la fin d’un ordre politique local inaugure une modernité globale déjà corrompue et fracturée.
Enfin, avec la série Le piédestal est un pot de fleurs l’artiste interroge l’histoire des musées et des monuments, révélant comment la beauté des objets exposés demeure liée aux dynamiques de conquête, d’appropriation, de savoir colonial et de satisfaction.
Cheveux, minerais, textiles, têtes, objets déplacés, les œuvres agissent comme des fragments exhumés d’une histoire partiellement enfouie. Ensemble, elles proposent une fouille symbolique de notre temps, révélant les couches invisibles qui relient cosmologies anciennes, catastrophes historiques et infrastructures contemporaines. Cette exposition est une tentative de lire la nuit du monde, non comme un vide, mais comme une archive.